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Écrire dans la tempête : scénaristes, gardons le cap !

4 mai 2026
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Signée par Chantal Cadieux, présidente de la SARTEC, et Laurent Dubois, directeur général, la lettre ouverte « Écrire dans la tempête : scénaristes, gardons le cap ! » a été publiée dans Le Devoir le 2 mai. Le texte met en lumière les pressions croissantes qui fragilisent les conditions de création et soulève des enjeux déterminants pour l’audiovisuel québécois. Il réaffirme la nécessité de défendre la place et la valeur du travail des scénaristes.


 

Écrire dans la tempête : scénaristes, gardons le cap !

Le vent s’est levé, la vague s’est formée. Serons-nous bientôt avalé.e.s ?

Beaucoup de signaux sont au rouge sur le radar des scénaristes du Québec. Nous ne pouvons les ignorer, au risque de voir notre profession remise en question !

Entre précarité du financement public, absence de soutien à la création en télévision, développement de l’intelligence artificielle générative, exode des publics vers des plateformes étrangères, accélération des transformations, judiciarisation des relations de travail, raccourcissement des délais de production, fonte des budgets ou ingérence des partenaires dans le travail d’écriture… Il est parfois devenu difficile, pour ne pas dire irréaliste, de garder le cap de la sérénité.

 

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Sommes-nous condamné.e.s à toujours faire plus avec moins ?

Alors que certaines créations québécoises rayonnent à l’international et attirent l’attention sur les œuvres d’ici, comment pouvons-nous préserver nos forces humaines et créatives et nous assurer que, par nos textes, nos personnages, nos univers, nos histoires, le Québec continue à proposer des contenus audiovisuels originaux, uniques et de belle qualité ?

Dans la tempête, il faut parfois réduire la voilure et se mettre à l’abri des vagues dévastatrices. Mais lorsqu’aucune accalmie ne se dessine à l’horizon, il faut alors traverser le « gros temps » en changeant d’angle de navigation.

Notre industrie a atteint ce moment critique où un choix doit être fait : attendre ou avancer. L’immobilisme ne nous mènera nulle part, sauf peut-être vers le fond. Nos histoires doivent continuer à exister et briller dans cette marée menaçante. C’est un enjeu d’identité et de souveraineté culturelle.

Nous voulons savoir si la stratégie québécoise pour l’audiovisuel, dont l’annonce par le ministre de la Culture et des Communications est imminente, offrira le cadre ambitieux attendu, la vision espérée, les protections nécessaires. Indiquera-t-elle le cap à suivre ?

Est-ce qu’à Ottawa, le comité consultatif récemment créé rendra une copie réaliste, synonyme d’avancées et de progrès, le tout dans un délai raisonnable ?

Les diffuseurs choisiront-ils le chemin de l’audace et du développement ou celui du repli et du contenu convenu ?

Les producteurs pourront-ils continuer à s’engager librement dans des productions ambitieuses, comparables à ce qui se fait ailleurs dans le monde ?

En attendant les réponses à ces questions, les scénaristes, de leur côté, agiront en équipage pour défendre leurs droits, leur travail, leur écriture, dans l’espoir de rejoindre bientôt des eaux plus calmes pour la créativité québécoise.

 

Chantal Cadieux
Autrice et présidente de la SARTEC

Laurent Dubois
Directeur général de la SARTEC

 

Dans Le Devoir →

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