Scénaristes du Québec : soyons phare !
Communiqué de presse
Montréal, le 1er mai 2026 - Inquiète de voir les conditions de travail des auteur.e.trice.s en radio, télévision et cinéma se dégrader année après année, la SARTEC lance en cette Journée internationale des travailleuses et des travailleurs un message phare afin de sensibiliser les gouvernements, l’industrie et le grand public aux risques de laisser s’essouffler des voix créatives essentielles à notre identité culturelle.
Faire plus avec moins
L’audiovisuel québécois est souvent reconnu pour sa capacité à travailler vite et dans un cadre financier restreint, en comparaison avec d’autres industries mieux financées à travers le monde. S’il convient d’être fier.ère.s de cette expertise collective, il est aussi indispensable de reconnaitre qu’il existe des limites à vouloir faire toujours plus avec moins.
« Nous sommes habitué.e.s à écrire avec des ciseaux à la main », rappelle Chantal Cadieux, autrice et présidente de la SARTEC. « Mais ces derniers temps, à force de couper et couper encore dans les textes des auteur.e.trice.s, il y a un risque réel à freiner notre travail créatif et cela finit par se voir à l’écran ! »
Si nous voulons continuer à briller par nos histoires, ici comme à l’international, notre « modèle d’affaires » doit être repensé pour que les moyens soient à la hauteur de nos ambitions.
La SARTEC appelle de ses vœux le dévoilement rapide de la Stratégie nationale pour l’audiovisuel au Québec, développée par le ministre Mathieu Lacombe et ses équipes. Nous espérons y trouver une cohérence entre ambitions et financement, entre vision et actions.
De grandes transformations impliquent de grandes évolutions
Plusieurs phénomènes observables d’ores et déjà suscitent de vives inquiétudes au sein de notre communauté :
- Le déploiement désordonné de l’intelligence artificielle générative, qui incite certains joueurs de l’industrie à faire des économies sur le dos des scénaristes et autres créateurs. En confiant certaines « tâches » à la machine, ils les privent, par le fait même, de revenus et de propriété intellectuelle.
- L’exode des publics vers les plateformes américaines aux codes éthiques élastiques pourrait devenir la nouvelle excuse pour remettre en question des acquis de longue date.
- La reconfiguration de l’écosystème québécois, qui voit se multiplier les rapprochements entre diffuseurs et producteurs, est un mouvement à observer de près pour garantir qu’aucun joueur ne serait tenté d’imposer de nouvelles règles du jeu aux autres.
« Ça brasse ! » s’exclame le directeur général de la SARTEC, Laurent Dubois. « Le vent s’est levé et on l’a de face. Dans les prochains mois, nous allons nous mobiliser et faire ce que nous savons faire de mieux : dialoguer, négocier, tenir le cap et manœuvrer dans la tempête. Nous veillerons ainsi à ce que les scénaristes, au Québec, continuent à jouir de leur liberté artistique et à ce que leur apport essentiel à la société, au travers de leurs histoires, ne soit jamais menacé. »
Se mobiliser dès maintenant en vue de 2027
Pour toutes ces raisons, la SARTEC déploiera une campagne de communication d’envergure, pensée comme un fil conducteur d’aujourd’hui jusqu’aux portes de 2027, année stratégique s’il en est : nouveau gouvernement au Québec, ouverture des négociations entourant le renouvellement de l’entente télévision avec l’Association québécoise de la production médiatique (AQPM), nouvelle politique fédérale sur l’intelligence artificielle, élargissement du champ de représentation de la SARTEC, entre autres défis.
Structurée en trois grandes étapes - état des lieux de l’évolution des conditions de travail des scénaristes, mobilisation autour des besoins du milieu, puis actions en période de négociation -, la campagne « Soyons phare », développée avec l’agence créative Chacha et l’illustratrice Pauline Stive, visera à informer, consulter et rassembler les membres, tout en sensibilisant l’industrie et le public aux réalités du métier de scénariste. À travers une identité forte et des contenus déclinés sur plusieurs plateformes, elle permettra de faire émerger les enjeux prioritaires du secteur et de porter une voix collective claire.
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