Budget du Québec : un signal encourageant pour la culture
Communiqué de presse conjoint - ARRQ, GMMQ, SARTEC et UDA
Montréal, le 18 mars 2026 – À la suite du dépôt du budget du gouvernement du Québec, l’Association des réalisateurs et réalisatrices du Québec (ARRQ), la Guilde des musiciens et musiciennes du Québec (GMMQ), la Société des auteur.e.trice.s de radio, télévision et cinéma (SARTEC) et l’Union des artistes (UDA) réagissent aux mesures annoncées, dans la continuité des recommandations formulées lors des consultations prébudgétaires.
GTAAQ : passer des intentions à la mise en œuvre du rapport
Nous prenons acte favorablement du financement accordé à certaines mesures issues du rapport du Groupe de travail sur l’avenir de l’audiovisuel au Québec (GTAAQ). Ces premiers engagements constituent un signal positif. Il est maintenant impératif d’aller plus loin en assurant la mise en œuvre complète du rapport par une stratégie ambitieuse, des orientations claires, un plan d’action crédible et des moyens financiers cohérents et à la hauteur des enjeux afin de générer des retombées concrètes pour l’ensemble du milieu.
Culture à l’école : une mesure essentielle pérennisée
Nous saluons le maintien du financement du programme La culture à l’école et de celui des sorties scolaires en milieu culturel, des initiatives fondamentales qui permettent aux jeunes, partout au Québec, d’avoir accès à la culture d’ici. Pérenniser ce financement garantira la stabilité et la prévisibilité nécessaires au déploiement de projets culturels porteurs dans les milieux scolaires.
Financement de la culture : la cible de 3 % demeure incontournable
Nos organisations reconnaissent les gestes qui vont dans le sens d’une augmentation du financement culturel et rappellent que l’objectif demeure d’atteindre 3 % du budget global du Québec consacré à la culture, dans un horizon réaliste, avec un mécanisme d’indexation. Une telle trajectoire est indispensable pour assurer la cohérence, la stabilité et la capacité de prévisibilité de l’écosystème culturel.
Loi sur le statut de l’artiste : un chantier à soutenir dès maintenant
Nous soulignons l’absence de financement consacré à l’évaluation et à la révision de la Loi sur le statut de l’artiste, alors que le calendrier mène à une révision dès 2027. Sans analyse rigoureuse entamée dès maintenant, le Québec se prive d’un levier majeur pour améliorer concrètement les conditions de travail des artistes.
Le milieu culturel traverse une période de fortes tensions. Alors que le coût de la vie explose, que les conditions de travail se fragilisent et que les modèles de production et de diffusion sont mis à rude épreuve, les artistes, les artisan·e·s et les créateur·trice·s continuent de porter à bout de bras une culture qui fait la fierté du Québec, souvent sans les moyens nécessaires pour le faire pleinement.
Le financement de la culture n’est pas accessoire
Dans ce contexte, investir de manière soutenue et ambitieuse en culture demeure un choix déterminant. C’est refuser l’appauvrissement collectif, préserver la diversité des voix et assurer la capacité du Québec à raconter ses histoires, ici comme à l’international. Le financement de la culture n’est pas accessoire, il est au cœur de notre vitalité sociale, économique et identitaire.
À l’aube d’élections provinciales, nos organisations rappellent que la culture doit être reconnue comme une priorité structurante. Le Québec a les moyens de ses ambitions culturelles. Il importe maintenant que les choix politiques à venir traduisent clairement cette volonté.
Citations
« Les mesures annoncées vont dans la bonne direction et témoignent d’une reconnaissance du rôle stratégique de l’audiovisuel québécois. Mais pour produire un réel effet, elles doivent s’inscrire dans une vision d’ensemble: le rapport du GTAAQ propose justement cette cohérence, et c’est dans sa mise en œuvre globale que réside le véritable levier pour relancer durablement notre industrie. » – Gabriel Pelletier, président de l’ARRQ.
« L’avenir de notre culture passe inévitablement par l’éducation et nous saluons le maintien du financement du programme Culture à l’école. Cependant, la mesure la plus attendue pour soutenir réellement nos artistes demeure la mise en place d’un véritable filet social. Appuyé·e·s par les conclusions du rapport du GTAAQ, nous espérions plus d’ambition sur cette question cruciale pour notre avenir collectif. » – Guy Bernard, directeur général de la GMMQ.
« Le budget du Québec nous rapproche un peu plus d’un véritable plan stratégique pour l’audiovisuel québécois. En planifiant dès aujourd’hui, sur cinq ans, des dépenses allouées pour donner vie aux nombreuses recommandations du rapport du GTAAQ, le ministre Lacombe nous fait la démonstration de la cohérence de son action depuis plusieurs années. Nous avons hâte d’en connaître davantage sur le plan détaillé du ministre, en espérant que le temps ne jouera pas contre lui. » – Chantal Cadieux, présidente de la SARTEC.
« En investissant pour mettre en œuvre certaines recommandations du GTAAQ, le gouvernement pose un geste attendu et porteur pour l’avenir de l’audiovisuel québécois. C’est une reconnaissance claire du travail réalisé par le milieu et de l’urgence d’agir. Je salue cette avancée et je souhaite qu’elle marque le début d’un engagement durable en faveur de la création d’ici. » – Tania Kontoyanni, présidente de l’UDA
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