Robert Etcheverry
**Une longue lignée
par Mathieu Plante
Je suis le tout nouveau président de la SARTEC, certes, mais certainement pas le premier. En fait, je suis très exactement le vingt-troisième. Tous ces ex avaient des personnalités et des visions bien différentes, mais partageaient ce même désir de faire avancer la cause des auteurs. L'idée m'est donc venue d'interviewer les six derniers Président(e)s afin de sonder leurs mémoires pour mieux comprendre leurs philosophies respectives. Vous pourrez d'ailleurs lire l'essentiel de leurs propos dans les pages qui suivent.
DISCUTER AVEC LES EX
DE LA PRÉSIDENCE
Cet exercice m'a permis de réaliser que les choses ont bien changé depuis les années 1980, où tout restait à faire. Même si notre première entente collective avec Radio-Canada a été signée dès 1956, il a fallu patienter de nombreuses années avant de signer avec l'ONF (1984), Télé-Québec (1987), l'Association des producteurs (en 1992 pour la télévision et en 1999 en cinéma), TVA (1999), TVOntario (2002), TQS (2004) et finalement couvrir le secteur du doublage par une entente avec TVA en 2010, puis avec l’ANDP en 2012.
On est moins manchots qu'on l'était, mais certains dossiers piétinent encore et plusieurs problèmes persistent. Les câblodistributeurs ont encore le gros bout du bâton, peu de productions web sont couvertes par nos ententes et une étude de fraîche date laisse paraître que sur plus de 4 000 productions ayant reçu du financement public près de la moitié se font hors des ententes collectives, et parfois même sans le moindre contrat, malgré le fait que depuis 1987 la Loi provinciale sur le statut de l'artiste vise à assurer à tous les artistes des conditions de travail minimales.
Discuter avec les ex m'a aussi aidé à mieux définir ma vision de ce que doit être un Président de la SARTEC. Pour moi, la fonction exige de constamment être sur un pied de guerre, de nourrir au quotidien sa colère. Mais avec tout ce qui cloche dans notre industrie et la chronique sourde oreille que nous font les deux paliers de gouvernement, c'est presque chose facile d'avoir la marmite en ébullition constante.
À contrario, le plus grand plaisir qu'on puisse éprouver en occupant la fonction de Président, c'est de rencontrer une foulée de gens tous plus intéressants les uns que les autres, autant les représentants des autres associations que nos propres membres SARTEC. À cet effet, la petite soirée informelle organisée à L'Amère à boire le 25 février a été une réussite absolue. Un excellent moyen de mélanger les générations d'auteurs, des plus jeunes aux plus expérimentés. Ça a été un savoureux plaisir de discuter avec vous tous et on va remettre ça au plus vite...
La passation des responsabilités
Comme promis, voici mes entrevues avec six des ex de la présidence. J'ai succédé en novembre 2014 à Sylvie Lussier qui était en poste depuis 2008.