Pour l’audiovisuel, des annonces recyclées et des promesses à concrétiser
Communiqué de presse
Montréal, le 5 novembre 2026 - À la lecture du budget fédéral 2026, la SARTEC déplore que le gouvernement présente certaines mesures annoncées pour l’audiovisuel, voilà 5 mois, comme des nouvelles réjouissantes et oxygénantes pour une industrie en insuffisance respiratoire.
Le 3 juin dernier, à la surprise générale, au cœur de relations commerciales difficiles avec les États-Unis de Donald Trump, le gouvernement annonçait renverser la récente décision du CRTC visant à imposer aux plateformes étrangères une contribution à la production de contenu canadien. Dans la même séquence, le ministre de l’Identité et de la Culture canadiennes, Marc Miller, précisait que son gouvernement allait prendre à sa charge (ou plutôt celle du contribuable) une compensation de 600 millions de dollars annuels jusqu’à ce qu’un nouveau cadre réglementaire soit établi et adopté.
« Cinq mois plus tard, alors que cette annonce est restée sans suite et que les modalités de déploiement de ces 600 millions demeurent toujours inconnues, retrouver cette ligne au budget est le minimum auquel on pouvait s’attendre », déclare la présidente de la SARTEC, la scénariste Chantal Cadieux.
La SARTEC est aussi inquiète de ne pas lire au budget que ces sommes compensatoires sont là pour durer « aussi longtemps que nécessaire » tel qu’annoncé en juin dernier.
« C’est exactement ce que nous avons déploré le 3 juin. Un financement inscrit dans un cadre légal pour les plateformes est bien plus structurant qu’une ligne au budget qui peut, chaque année, être modulée ou disparaitre au gré des priorités du gouvernement », affirme Laurent Dubois, directeur général de la SARTEC.
Notre association applaudit cependant certaines autres mesures annoncées ce jour, qui auront pour certains secteurs du milieu des impacts bénéfiques, comme celles qui visent à renforcer le journalisme, les médias et le milieu du livre. Nous accueillons favorablement l’intention du gouvernement de consulter le milieu culturel sur la mise en œuvre éventuelle d’un Crédit canadien pour la création, qui permettrait une exemption d’impôt sur des revenus artistiques pouvant atteindre 45 000 $.
Maintenant, la suite ?
De manière générale, le gouvernement semble concerné par nos enjeux et la précarité des artistes, mais nous l’invitons à écouter davantage certaines demandes formulées de longue date par les associations comme la SARTEC, concernant l’assurance-emploi, l’encadrement de l’intelligence artificielle et le conditionnement de l’octroi de financement public au respect des ententes négociées, notamment.
La SARTEC espère vivement que, pour l’audiovisuel, d’autres annonces suivront rapidement, pour d’une part clarifier comment ces sommes importantes seront réparties, et d’autre part pour que la nouvelle directive évoquée au budget soit adressée au CRTC et permette de reprendre des travaux visant à imposer aux géants du numérique une obligation de contribuer au financement de contenus originaux canadiens.
Il y va de notre souveraineté !
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