Détecteurs d’IA : attention à ne pas se tromper de cible
Communiqué conjoint UDA et SARTEC
Montréal, le 23 septembre 2026 - En constatant la tourmente dans laquelle l’écrivain québécois et haïtien Thélyson Orelien a été plongé en quelques heures, à la suite d’une allégation anonyme, la SARTEC et l’UDA s’inquiètent qu’un point de bascule ait été franchi dans le rapport entre la création humaine et l’intelligence artificielle générative et appellent à des actions d’encadrement rapides et sans compromis.
Une publication anonyme sur les réseaux sociaux faisant rapport d’une analyse menée par outil d’IA aura suffi à déclencher une controverse en France comme au Québec et à semer la graine de la suspicion chez bien des lecteurs.
Sans vouloir commenter ce cas précis, et parce que personne n’est mieux placé que l’auteur et sa maison d’édition pour se défendre de ces accusations, les deux syndicats d’artistes déclarent que cette séquence devrait nous inquiéter sur l’avenir de la création humaine et la suspicion permanente qui vient de se frayer un chemin dans l’esprit du public.
En pleine dystopie
« Donc, une IA nous dit qu’elle pense que l’humain a utilisé l’IA, mais ne peut nous le garantir à 100 % puisque « l’erreur est humaine », ou plutôt « l’erreur est machine » ! » s’exclame le directeur général de la SARTEC, Laurent Dubois. Bienvenue dans le monde moderne rêvé et créé par les techno-oligarques des super puissances mondiales. Ils sont les seuls vrais gagnants dans cette affaire, et dans celles qui suivront. »
Depuis quelques heures, des experts, des journalistes et de simples utilisateurs ont procédé eux-mêmes à de nombreux tests en soumettant des textes à des outils de détection d’IA. « Cela signifie qu’on vient de déverser des quantités incroyables de contenus protégés dans le flot des algorithmes affamés, qui digéreront ces extraits d’œuvres dans le but d’améliorer leur performance. »
Quant aux créatrices et créateurs, ils risquent de se retrouver avec le fardeau de la preuve. Et ce qui est valable aujourd’hui pour un écrivain, le sera dès demain pour un compositeur, une scénariste, un illustrateur, une dramaturge et bien d’autres. Nous invitons les artistes et artisans qui seraient tentés d’utiliser des outils d’IA générative à faire preuve d’une totale transparence et d’une extrême prudence.
Urgence d’agir
En juin 2025, l’UDA et la SARTEC ainsi que quatre autres associations professionnelles québécoises ont lancé le manifeste « L’art est humain » pour alerter les artistes, les gouvernements, l’opinion publique sur les risques pour la création humaine d’un développement déraisonnable de l’IA générative.
« Seize mois après la publication de notre manifeste, force est de constater que nous venons de franchir une nouvelle étape », affirme Tania Kontoyanni, présidente de l’Union des artistes. « Nos métiers sont menacés, nos réputations sont menacées, notre lien de confiance avec le public est menacé. Plus que jamais, les demandes formulées dans notre manifeste doivent trouver écho auprès des gouvernements fédéraux et provinciaux. »
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