Budget provincial : les associations professionnelles des artistes soulagées par les mesures minimales en culture annoncées par le gouvernement
Communiqué conjoint ARRQ - GCR Québec - GMMQ - SARTEC - UDA
Montréal, le 25 mars 2025 - Suivant le dévoilement du budget 2025-2026 du Québec, cinq associations représentant près de 20 000 artistes — l'Association des réalisateurs et réalisatrices du Québec (ARRQ), la Guilde canadienne des réalisateurs - Conseil du Québec (GCR Québec), la Guilde des musiciens et musiciennes du Québec (GMMQ), la Société des auteur.e.trice.s de radio, télévision et cinéma (SARTEC), et l'Union des artistes (UDA) — s’unissent pour réagir aux mesures annoncées.
Nous saluons la mesure phare de ce budget pour le secteur de la culture, soit la bonification prévue au Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ). Les demandes du Front commun pour les arts ont été entendues, le gouvernement réitère son soutien au CALQ en rehaussant et en bonifiant son financement afin de soutenir les artistes et les organismes qui font rayonner la culture d’ici. Pour ce faire, il prévoit 317,9 M$ sur cinq ans, ce qui permettra d’augmenter le financement des programmes du CALQ à 200 M$ par année de 2025-2026 à 2027-2028. Nous réitérons que le financement du CALQ demeure important notamment dans son rôle de soutien à la création.
Pour ce qui est du financement prévu à la SODEC, nous considérons que le présent budget permet de sauver les meubles. En effet, le gouvernement prévoit 164,2 M$ sur cinq ans sécurisant 30 M$ par année comme budget de base. Nous demeurons toutefois impatients de connaitre les recommandations à venir du Groupe de travail pour l’avenir de l’audiovisuel, qui, espérons-le, proposera des mesures structurantes à mettre en place pour l’avenir de l’audiovisuel le plus rapidement possible.
Nos associations réitèrent, par cette occasion, l’importance de la mise en place de conditions d’admissibilité pour l’octroi de subventions aux producteurs par la SODEC. Il est primordial que les producteurs qui reçoivent de l’argent public aient signé des contrats qui garantissent des conditions de travail aux artistes ainsi qu'une protection légale. Elles assurent également un filet social comme l’accès à un régime d’assurance collective et/ou d’épargnes pour la retraite.
Il est essentiel que l’État donne l’exemple en veillant à ce que les fonds publics soutiennent exclusivement des entreprises respectueuses des normes établies dans le secteur culturel. Cela signifie également que les producteurs doivent honorer les contrats qu’ils concluent sur les productions et qu’ils se conforment à la Loi sur le statut professionnel des artistes des arts visuels, du cinéma, du disque, de la littérature, des métiers d’art et de la scène, notamment en établissant des milieux de travail sains, exempts de violence et de harcèlement.
Citations
« On constate la fin du Plan pour consolider, faire briller et propulser le milieu culturel qui était prévu de 2022 à 2025 et qui n’est pas renouvelé. Il y aura donc une légère baisse des budgets de la SODEC. Mais quand on tient compte du contexte budgétaire du Québec et, plus largement, des bouleversements qui s’annoncent avec la guerre tarifaire, on peut encore respirer. Mais il faudra se questionner rapidement sur le mode de financement de notre culture si on veut être capable d'assurer notre souveraineté culturelle », affirme Gabriel Pelletier, président de l'Association des réalisateurs et réalisatrices du Québec.
« Nous soulignons l’appui du gouvernement aux festivals et aux événements touristiques, qui soutient financièrement plus de 300 événements par année. Nous réitérons que les droits des musiciens et musiciennes doivent être protégés en mettant en place des mesures qui obligent les entreprises culturelles à respecter les ententes collectives, à assurer des conditions de travail décentes et à garantir l'accès au filet social pour les artistes. Il est également essentiel de mettre en place des moyens d’assurer la promotion de la musique vivante et d’assurer la découvrabilité de nos artistes », souligne Vincent Seguin, président de la Guilde des musiciens et des musiciennes du Québec.
« Les investissements au CALQ permettront au milieu des arts vivants de se sortir la tête de l’eau et de pouvoir envisager l’avenir. Les grandes mobilisations du secteur culturel ont porté fruit, le ministre a entendu les revendications et nous sommes reconnaissants. Par ailleurs, les défis actuels du secteur culturel nécessitent une approche collective. Il ne s'agit pas seulement de réformer les processus financiers, mais de repenser la façon dont l'industrie fonctionne dans son ensemble, en prenant compte de toutes les réalités actuelles incluant celles des artistes. Les géants de la diffusion en continu ont bouleversé la manière de produire, de diffuser et de consommer la télévision, le cinéma et la musique. La compétitivité de notre production locale est prioritaire, mais elle ne peut se faire au détriment des conditions de travail des artistes », conclut Tania Kontoyanni, présidente de l’Union des artistes.
« Nous souhaiterions que la prochaine révision de la Loi sur le statut de l’artiste introduise un mécanisme forçant la création d’associations de producteurs pour chaque secteur. Cela contribuerait à renforcer la transparence et le suivi de ces pratiques dans l’industrie. Également, nous réitérons que les nouvelles technologies imposent que l’on protège efficacement les droits et le travail des créatrices et créateurs. Aucune nouvelle exception ne devrait voir le jour pour permettre aux opérateurs de l’intelligence artificielle de contourner les droits d’auteur existants et d’éviter une juste rémunération des artistes », précise Chantal Cadieux, présidente de la Société des auteur.e.trice.s de radio, télévision et cinéma.
« Nous tenons à souligner le soutien constant du gouvernement à l’égard du milieu de l’audiovisuel. Cet engagement est essentiel au maintien des emplois et des conditions socio-économiques des créateur.trices, des artistes, artisan.es et technicien.nes. Les futures recommandations du Groupe de travail pour l’avenir de l’audiovisuel seront au cœur de nos préoccupations dans les prochains mois pour la pérennité des emplois de nos membres. Il nous fera plaisir de continuer de participer aux discussions avec les autres organisations et partenaires de l’industrie », ajoute Michèle Laliberté, présidente de la Guilde canadienne des réalisateurs – Conseil du Québec.
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