IA et culture : Pas de loi, pas d'IA !
Communiqué de presse
À un mois du sommet national sur l’intelligence artificielle et la culture organisé par le gouvernement du Canada à Banff, la sortie il y a quelques jours du nouvel outil Seedance 2.0 par le géant chinois ByteDance est la preuve ultime de l’importance d’agir promptement pour la sauvegarde de l’industrie canadienne et québécoise de l’audiovisuel.
Seedance 2.0 : des raisons de s’inquiéter
Les outils d’IA générative évoluent tellement rapidement que la sortie de SeeDance 2.0 et les contenus synthétiques qu’il a permis de créer, comme cette séquence de combat entre Tom Cruise et Brad Pitt (qui n’ont pas tourné ensemble depuis des années), devrait nous faire réagir et déclencher l’alarme générale.
La SARTEC reconnait la puissance de ces outils, leur efficacité et le plaisir que cela peut procurer aux utilisateurs et amateurs de fanafiction. Mais derrière cette façade épatante se cache la plus grande infraction aux droits d’auteur de l’histoire.
En effet, pour permettre à ces générateurs d’atteindre un tel niveau, ceux-ci doivent être alimentés d’une grande quantité de contenus de qualité et, pour ce faire, aspirent et recyclent tout ce qui est à leur portée sans se soucier de savoir s’il s’agit d’œuvres protégées ou non.
« Les semaines et les mois passent, et nous n’avons toujours aucune idée de ce que le Canada va faire pour empêcher les développeurs d’IA d’entrainer leurs outils avec les œuvres protégées des artistes ! » déclare Laurent Dubois, directeur général de la SARTEC. « On dirait que la peur de manquer le train de l’IA paralyse les gouvernements et les empêche d’implanter un cadre strict et protecteur. Mais le temps joue contre nous et, dans l’intervalle, ce développement enthousiaste des outils d’IA générative se fait sur le dos des créateurs et créatrices. »
Un sommet très attendu
Les 16 et 17 mars prochains se tiendra à Banff, en Alberta, le premier sommet national sur l’IA et la culture. La SARTEC y a été invitée et sera présente et déterminée à démontrer aux représentants du gouvernement fédéral l’urgence d’agir pour mettre fin au vol généralisé et caractérisé d’œuvres protégées par le droit d’auteur par les géants américains et chinois de l’IA.
« Je suis heureux que le gouvernement tienne ce sommet, mais les attentes sont grandes et nous pousserons pour que des déclarations rassurantes pour l’avenir de l’audiovisuel en émanent », précise Laurent Dubois. « Je ne vais pas à Banff seulement pour m’assoir et écouter. J’y vais pour exprimer clairement les inquiétudes de nos membres et j’espère bien être entendu. »
La SARTEC estime que le sommet de Banff doit être un tournant dans la prise de conscience de l’impact catastrophique d’un développement mal encadré de l’IA.
Les artistes ont toujours su s’adapter aux évolutions technologiques, mais nous rappelons que, dans le cas de l’IA, il ne peut y avoir de développement favorable sans un cadre législatif strict préalable.
Pas d’IA sans loi !
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