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Nouvelles des membres - Entrevues | Oct. 10, 2015

Spécial télé et cinéma

Notre spécial nouveautés fait cette fois-ci d'une pierre deux coups : cinéma et télévision dans un même papier. Voici donc comment certains auteurs des œuvres à voir sur les grands et petits écrans cet automne ont répondu à notre questionnaire maison. 

Mort en service | Lien fatal | Pour Sarahécrits par Michelle Allen

Salmigondis, écrit par Pascal Chevarie et Andrée Lambert

Jérémie, écrit par Kristine Metz et Marie-Hélène Lapierre

Paul à Québecécrit par Michel Rabagliati

Le bruit des arbresécrit par Sarah Lévesque

Le depécrit par Sonia Bonspille Boileau

 

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  • Michelle Allen

    Mort en service | Lien fatal | Pour Sarah 

    MICHELLE ALLEN  
       
    TÉLÉVISION  
       
     Mort en service  
     Lien fatal  
     Pour Sarah  
     Dans l'ombre des Shafia (documentaire)  
     Vertige  
     Destinées  
     Le 7e round  
     Au nom de la loi  
     Un tueur si proche (série documentaire)  
     Délirium (conseillère à la scénarisation)  
     L’or  
     Tribu.com  
     Diva  
     Graffiti  
     Lobby  
     L’or et le papier  
    ► Tandem  
    ► D’amour et d’amitié  
       
    CINÉMA  
       
    ► La ligne brisée  
    ► Moïse  

    Michelle Allen

     

     

     

     


    Pouvez-vous nous résumer brièvement vos séries?

    Mort en service est une série documentaire sur des gens qui on consacré leur vie au service public et qui sont morts en exerçant leur métier: policiers, gardiens de prison, pompiers, etc. 

    Lien fatal est une série documentaire qui raconte l'histoire de gens qui ont accordé leur confiance à d'autres et qui se sont fait trahir, tromper, berner, parfois de façon dramatique avec des conséquences majeures.

    Pour Sarah est une série dramatique qui raconte l'histoire de deux jeunes qui, un soir de party, font un grave accident de voiture. Quelles seront les conséquences sur eux, sur leur petite communauté d'amis ainsi que sur leurs parents? Que s'est-il vraiment passé durant la nuit de l'accident?

    Quelle situation ou personnage vous a donné le plus de fil à retordre durant l'écriture?

    Mort en service : Raconter les circonstances de la mort de mes héros sans pouvoir compter sur des reconstitutions.

    Lien fatal : Déconstruire l'histoire pour teaser et maintenir un suspense jusqu'à la fin.

    Pour Sarah : Puisque c'était inspiré d'un fait vécu, trouver la bonne distance pour retrouver la liberté d'inventer.

    Qu'est-ce qui a été le plus formateur pour vous dans l'exercice de votre métier d'auteur? Les scripts-éditeurs, la littérature, la lecture de scénarios ou de livres sur la scénarisation?

    Regarder des séries entières, du premier au dernier épisode.

    Avez-vous des « exercices »  « jeux » de créativité que vous faites à certains moments de l'écriture pour ouvrir des pistes ou régler certains problèmes?

    Raconter la même histoire de plusieurs manières ou points de vue différents.

    Avez-vous le sentiment que la scénarisation est un métier méconnu des spectateurs? Des chroniqueurs? Des critiques?

    Ouais..... malheureusement. L'écriture d'un scénario appelle beaucoup de commentaires à toutes ses étapes du processus avant de passer à sa réalisation - croyez-vous qu'il soit possible de rester ouvert aux commentaires sans s'éloigner de sa propre vision ? Bien sûr.

    Comment réagissez-vous quand on vous demande de sacrifier des choses auxquelles vous êtes particulièrement attachés (kill your darlings)?

    Je prends les commentaires comme un incitatif à chercher de meilleures hypothèses ou solutions, plus complexes, plus fortes, plus surprenantes.... Si je ne le voyais pas comme ça, j'écrirais des romans. :)

     

  • Pascal Chevarie et Andrée Lambert

    Pouvez-vous nous résumer brièvement votre série télé?

    Salmigondis c’est…

    Une toute nouvelle série divertissante pour les enfants de 4 à 7 ans. L’aventure incroyable de jouets qui avaient été abandonnés, oubliés ou rejetés et qui, un soir d’orage, par une conjoncture aussi extraordinaire qu’inexplicable, sont devenus HUMAINS! Des humains délicieusement clownesques! Neuf personnages qui cohabitent désormais dans un monde parallèle, où chacun a recréé son propre univers. Imaginez une ballerine un peu diva qui voudrait bien être une princesse de conte de fées, un sauveteur d’élite TROP volontaire et une sorcière assez rockeuse. Ajoutez un cowboy maladroit, un monstre sympathique, une super héroïne de jeu vidéo et son acolyte «◦robot◦», ainsi qu’un pirate un peu grognon et son grand dadais de moussaillon. Rire et s’émouvoir en se faisant raconter de belles histoires, voilà ce que les enfants vivront à Salmigondis. L’expérience sera avant tout ludique, mais les enfants pourront aussi, tout en s’amusant, apprendre et découvrir bien des choses avec nos personnages…  (Source : Téléfiction)

    Pascal Chevarie
    TÉLÉVISION
     
     Salmigondis
     Tactik
     Toc toc toc
     1, 2, 3… Géant
     Subito texto
     
     

     

     

     

    Andrée Lambert
              TÉLÉVISION
     
               Salmigondis
               Toc Toc Toc
               Cornemuse
               Bonjour Madame Croque-Cerise
               Macaroni tout garni
               Tohu-Bohu
               La Princesse astronaute
               Court-Circuit

     

     

     

     

     

    Quelle situation ou personnage vous a donné le plus de fil à retordre durant l'écriture?

    La plus grande difficulté a été de travailler avec des archétypes sans tomber dans les clichés. Même si nos personnages sont clownesques, nous les voulions complexes. Nous ne voulions pas de personnages unilatéraux. Pour leur donner de l’épaisseur, nous avons donc créé pour chacun un « back-story » important, qui explique ses forces et ses vulnérabilités.  Végane, Baragouin et Hercule ont été adorés, adulés, même. Les pirates, Liliwatt et Crinoline ont été rejetés. Djingo a été négligé. Mais tous sont des résilients. Ce qui, nous l’espérons, les rendra attachants. Il fallait aussi que chaque personnage soit porteur d’humour et capable d’inspirer des situations dramatiques pour plusieurs centaines d’épisodes. En plus, ils venaient d’univers différents. Nous ne pouvions pas colorer leur langage de la même façon. Une extra-terrestre superhéroïne de jeu vidéo ne s’exprime pas comme un toutou, ni comme un pirate du 16e siècle. Un cowboy n’a pas le même vocabulaire qu’une ballerine de boîte à musique, etc.

    Le défi était gros, mais combien stimulant! Par chance, nous étions une équipe de cinq concepteurs (avec Maryse Joncas ainsi que Lucie Veillet et Carmen Bourassa). Certains d’entre nous se sentaient plus à l’aise de développer un personnage ou un autre et, tout ça mis ensemble, après quelques essais et erreurs, a donné un joyeux salmigondis!

    Qu'est-ce qui a été le plus formateur pour vous dans l'exercice de votre métier d'auteur? Les scripts-éditeurs, la littérature, la lecture de scénarios ou de livres sur la scénarisation?

    PASCAL CHEVARIE : 

    Ayant d’abord été formé en écriture dramatique, j’ai dû apprendre mon métier de scénariste « sur le tas », au moment de faire le saut du côté de la télé, il y a maintenant presque 10 ans… Bien que les deux métiers soient évidemment très liés, j’ai rapidement constaté que l’écriture télévisuelle a ses codes, sa manière propre de raconter une histoire. C’est donc au contact d’auteurs séniors, mais surtout de mes scripts-éditeurs que j’ai appris au fil du temps à maîtriser les spécificités de l’écriture scénaristique. Aussi, je trouve que, comme scénaristes, nous sommes souvent bien loin du plateau! Or, les réalités très concrètes de la production peuvent nous en apprendre beaucoup sur notre écriture, sur comment la rendre plus efficace, plus ancrée, plus « télévisuelle ». Il n’y a rien de plus formateur qu’une bonne visite au plateau pour comprendre ce qui ne fonctionne pas dans un texte!

    En ce qui concerne plus spécifiquement le développement de Salmigondis, j’ai eu la chance de travailler en étroite collaboration avec une équipe de créatrices au parcours et à l’expérience exceptionnels, soit Andrée Lambert, Maryse Joncas, Lucie Veillet et Carmen Bourassa. Sans oublier Martine Quinty, évidemment, qui a été une interlocutrice précieuse à l’étape de la production. Il va sans dire que, tout au long du processus qui a duré plus de 3 ans, j’ai ouvert grand mes oreilles et j’ai profité de la classe de maître!

    L'écriture d'un scénario appelle beaucoup de commentaires à toutes ses étapes du processus avant de passer à sa réalisation - croyez-vous qu'il soit possible de rester ouvert aux commentaires sans s'éloigner de sa propre vision ? Comment réagissez-vous quand on vous demande de sacrifier des choses auxquelles vous êtes particulièrement attachés (kill your darlings)?

    ANDRÉE LAMBERT : 

    Comment je réagis aux commentaires?

    Il y a peut-être un peu de paresse là-dessous, mais je déteste perdre mon temps et travailler pour rien. Donc, je prends soin d’assurer mes arrières tout au long du processus d’écriture. Je valide mes idées dès le départ et je m’assure de leur faisabilité auprès de la production. Il est plus facile de faire le deuil d’une idée quand on n’a pas encore eu le temps de s’y attacher. Je consulte régulièrement mon script-éditeur et j’évite d’envoyer trop de surprises dans mon scène à scène ou ma première version dialoguée. En fait, j’ai développé de très belles relations complices avec mes scripts-éditeurs et tout particulièrement sur Salmigondis. Pour moi, ce sont des conseillers précieux. Des accompagnateurs. Des personnes généreuses et disponibles.

    Bien sûr, j’ai connu, dans mon parcours, des scripts-éditeurs qui s’ingéraient et voulaient à tout prix imposer leurs idées. D’autres qui manquaient de diplomatie ou qui, au contraire, évitaient la confrontation et ne demandaient pas assez. Je crois tout de même avoir été choyée jusqu’à présent. J’ai eu la chance de faire équipe avec des scripts-éditeurs ouverts et compétents, qui m’ont appris le métier à mes débuts et qui, ensuite, m’ont toujours poussée à me dépasser à chaque texte. Je leur dois beaucoup.

  • Kristine Metz et Marie-Hélène Lapierre

    Pouvez-vous nous résumer brièvement votre série télé?

    Jérémie est une série dramatique pour adolescents qui relate l’histoire d’une jeune fille qui cherche à fuir un passé trouble. Mais c’est surtout des jeunes inspirants malgré leur part d’ombre. Des jeunes qui vivent, désirent et traversent des joies et des épreuves qui leur sont propres, mais si communes à la fois. Ils se risquent, s’aventurent et se défient à mettre un pied dans le monde adulte… Et c’est au travers l’entraide et la manipulation, l’amitié et la trahison, le contrôle et l’abus, qu’ils parviennent tranquillement à découvrir et devenir qui ils sont vraiment.

    Kristine Metz
              TÉLÉVISION
     
               Jérémie
               Le chalet
               Vrak la Vie
               Il était une fois dans le trouble
               Subito texto
               Tactik
     
     

     

     

     

    Marie-Hélène Lapierre
    TÉLÉVISION
     
     Jérémie
     Med
     Il était une fois dans le trouble
     Fan Club
     Subito texto
     Tactik
     Les détestables
     
    WEBSÉRIE
     
     Carole aide son prochain

     

     

     

     

     

     

     

    Quelle situation ou personnage vous a donné le plus de fil à retordre durant l'écriture?

    La trame dramatique de Jérémie, notre personnage principal, a été la plus complexe à élaborer. Nous sommes souvent retournées dans son passé afin de l’approfondir et le redéfinir. Nous voulions que Jérémie demeure sympathique et attachante malgré ses parts d’ombre. Puisqu’on découvre son histoire au compte-goutte, le défi était qu’elle soit lumineuse dès le premier épisode, et ce sans qu’on sache exactement ce qui justifie certaines de ses réactions. 

    Qu'est-ce qui a été le plus formateur pour vous dans l'exercice de votre métier d'auteur? Les scripts-éditeurs, la littérature, la lecture de scénarios ou de livres sur la scénarisation?

    Collaborer avec des gens expérimentés et qualifiés est une chance inouïe et une forme d’apprentissage incomparable (Script-éditeurs, réalisateurs, scénaristes…). Visonner des séries est également très formateur. Analyser ce qui se fait ici et ailleurs est un exercice très intéressant et enrichissant. Et finalement, c’est peut-être cliché, mais... écrire. Avant de nous lancer dans notre propre série, nous avons beaucoup écrit sur les séries des autres.

    Avez-vous le sentiment que la scénarisation est un métier méconnu des spectateurs? Des chroniqueurs? Des critiques?

    Oui, pour les spectateurs, chroniqueurs, critiques et collègues, l’intérêt à connaître ce qui se passe derrière la caméra en amont des tournages semble croître. Même si parfois, la vision du métier de scénariste apparaît biaisée. La pression de créer et de produire rapidement est différente de celle sur les plateaux, mais tout aussi présente. C’est une superbe carrière, mais ce n’est pas que d’attendre « le flash », habillé en mou, un café à la main. Personnellement, nous préférons le thé.

    L'écriture d'un scénario appelle beaucoup de commentaires à toutes ses étapes du processus avant de passer à sa réalisation - croyez-vous qu'il soit possible de rester ouvert aux commentaires sans s'éloigner de sa propre vision ?

    Comment réagissez-vous quand on vous demande de sacrifier des choses auxquelles vous êtes particulièrement attachés (kill your darlings)?

    Il faut savoir rester ouvert. C’est faire fausse route que de croire que les auteurs sont ceux qui ont toujours le dernier mot. Bref, il faut choisir ses combats. Comment dire dans de beaux mots que nous n’avons pas toujours bien réagi… Disons que certains deuils sont plus difficiles à faire que d’autres. Avec le recul, le conseil est de ne pas s’y attarder trop longtemps, c’est vrai que c’est juste de la télé, au mieux on s’est trompé et l’épisode n’en sera que meilleur, au pire on avait raison et l’épisode sera un peu moins bon. Mais quand on écrit, on n’a pas toujours ce recul. La communication au sein de l’équipe c’est la clé. De comprendre ce qui motive les commentaires, changements et décisions et d’avoir confiance que tous travaillent à faire la meilleure série possible, rend les processus de deuil et d’écriture beaucoup plus agréables.  

  • Michel Rabagliati

    Pouvez-vous nous résumer brièvement votre film?

    Paul à Québec. Une famille québécoise accompagne son patriarche dans sa fin de vie, en centre de soins palliatifs.

    Michel Rabagliati
             CINÉMA
     
               Paul à Québec
     
            

     
    Paul à Québec (Éd. de la Pastèque) est la première BD canadienne à être portée à l’écran en long métrage live.

    Quelle situation ou personnage vous a donné le plus de fil à retordre durant l'écriture?

    C’est le personnage central lui-même, Paul, le gendre de Roland Beaulieu, qu’il a fallu amener très à l’avant comparativement à sa position dans le livre original. En effet, dans le livre, les trois filles de Roland sont à l’avant-scène, tandis que Paul fait office de chauffeur et d’observateur.

    Qu'est-ce qui a été le plus formateur pour vous dans l'exercice de votre métier d'auteur? Les scripts-éditeurs, la littérature, la lecture de scénarios ou de livres sur la scénarisation?

    C’est sans doute de travailler de concert avec François Bouvier qui est réalisateur et aussi scénariste expérimenté.

    Avez-vous des « exercices »  « jeux » de créativité que vous faites à certains moments de l'écriture pour ouvrir des pistes ou régler certains problèmes?

    Non, mais nous avons fait lire notre scénario à d’autres scénaristes et professionnels du cinéma en cours d’écriture. Nous avons noté leurs commentaires et fait des rectifications, suite à leurs impressions.

    Avez-vous le sentiment que la scénarisation est un métier méconnu des spectateurs? Des chroniqueurs? Des critiques?

    C’est certainement un métier assez invisible. Celui de réalisateur est plus flamboyant. Par contre, quand un film est mauvais, on dit souvent que le scénario ne tient pas la route, on blâme alors le ou les scénaristes. Par contre, si le film est fluide, le travail de scénarisation devient invisible et personne n’en tient généralement compte.

    L'écriture d'un scénario appelle beaucoup de commentaires à toutes ses étapes du processus avant de passer à sa réalisation - croyez-vous qu'il soit possible de rester ouvert aux commentaires sans s'éloigner de sa propre vision ? Comment réagissez-vous quand on vous demande de sacrifier des choses auxquelles vous êtes particulièrement attachés (kill your darlings)?

    Kill your darlings?

    J’adore l’expression! Elle doit être d’Hollywood. J’ai eu à dire adieu à beaucoup de scènes, anecdotes, gags ou références qui était incluses dans mon livre en écrivant le scénario du film avec François Bouvier, mais force est de constater que nous avons fait les bons choix. Le cinéma demande des histoires qui vont à l’essentiel; la broderie, les culs-de-sac, les redites, les séquences qui ne servent pas le fil conducteur seront facilement coupées au montage. Il faut donc, en tant qu’écrivain, être prêt à laisser aller passablement de matière qui nous tient parfois à cœur. C'est la loi du format cinématographique. Un film doit tenir sur 1h45, un livre peut durer plusieurs jours.

     

  • Sarah Lévesque

    Pouvez-vous nous résumer brièvement votre film?

    Nous voulions, François Péloquin et moi, nousn  questionner sur plusieurs thématiques québécoises que nous chérissions. Nous étions habités par les problèmes de legs et de transmissions au sein d'une famille qui habite en région éloignée. Qu'est-ce qui explique la difficulté de transmettre sa culture, une entreprise, une façon de faire, ses valeurs? Ces questionnements, nous voulions les regarder de manière micro et intimiste, au sein d'une fiction. Le bruit des arbres est donc l'histoire d'un adolescent qui erre et qui se cherche dans un milieu où il ne se reconnaît plus. La vie l'oblige pourtant à se positionner face à son avenir.

    Sarah Lévesque
             CINÉMA
     
               Le bruit des arbres
     
              TÉLÉVISION
     
               Des chevaux, des hommes et du cash         
     
               EN DÉVELOPPEMENT
     
               L2f2, Long métrage avec Dominique 
                   Skoltz
               La fonte des glaces, Long métrage 
                   avec François Péloquin

     

    Pendant plus de dix ans, elle fait ses armes comme journaliste culturelle pour diverses publications (NightLife Magazine, ICI Montréal, Elle Québec, Paroles & Musique).

    Quelle situation ou personnage vous a donné le plus de fil à retordre durant l'écriture?

    Jérémie, adolescent qui veut ressembler à des rappeurs américains, n'était pas d'emblée un personnage facile et sympathique. Mais comme scénariste, ces personnages gris, qui forcent notre empathie et notre humanité, m'intéressent et me touchent. J'aime cette idée que nous finissons à l'aimer et à le comprendre alors que nous avons éprouvé dédain et rejet.

    Il est facile pour nous d'identifier le moment crucial lors de l'écriture de ce scénario. Ce moment nous a demandé confiance et audace.  François Péloquin et moi avons décidé de déconstruire notre histoire classique en trois actes de 120 scènes pour une histoire en tableaux. On a réécrit le film en ne gardant que 27 scènes. Et dans ce processus d'épuration, nous avons trouvé notre rythme, nous avons construit en profondeur des moments que nous aimions en mettant de côté toutes les scènes de passage, le superflu. Il y avait là un risque. Jeter dans le processus d'écriture les livres sur la scénarisation nous a permis de nous créer une façon de faire plus personnelle.

    Qu'est-ce qui a été le plus formateur pour vous dans l'exercice de votre métier d'auteur? Les scripts-éditeurs, la littérature, la lecture de scénarios ou de livres sur la scénarisation?

    Difficile à dire ce qui a été le plus formateur. La littérature est pour moi une grande source d'inspiration. Colette et le sens des ellipses au sein de ses histoires. Les haïkus pour leur capacité de dire avec peu. Modiano pour sa capacité de nous plonger dans des univers intrigants et personnels avec un style unique, des livres qui ne sont jamais esclaves de l'histoire. Car l'histoire a ses propres pièges. Puis, il y a aussi mon passé de journaliste et d'étudiante en sociologie, mon « héritage » de fille de sociologue. J'affectionne beaucoup le travail de terrain, la recherche, les entrevues. J'ai besoin de me plonger dans l'univers dans lequel j'écris, de rencontrer des gens, de m'infiltrer dans le milieu. Je deviens une éponge. Et après, en écriture, je fais confiance à l'impact de ces rencontres et leurs manières conscientes et inconscientes de s'infiltrer dans le scénario.

    Avez-vous des « exercices »  « jeux » de créativité que vous faites à certains moments de l'écriture pour ouvrir des pistes ou régler certains problèmes?

    Avoir mille et une versions de mon scénario dans mon ordinateur me donne des ailes. Et je me le répète à chaque fois que je débute mes séances d'écriture. Cela me permet d'oser, de ne pas avoir peur d'essayer un nouveau déroulement, de jeter une scène ou de la réécrire sans ménagement. Étrangement, je ne retourne jamais à mes anciennes versions de scénario. Les risques sont toujours gagnants.

    Avez-vous le sentiment que la scénarisation est un métier méconnu des spectateurs? Des chroniqueurs? Des critiques?

    En effet, c'est un métier méconnu. On travaille pendant tellement de temps sur une histoire, un scénario, avec un réalisateur ou une réalisatrice, producteurs et institutions. On le construit, on y croit, on le pousse à devenir une autre entité qu'une histoire en format papier. Dans un scénario de cinéma, il y a un travail qui se compte en année. Pour nous, ce fut sept années de développement. Pourtant, une fois à l'écran, le scénariste est presque oublié. Pire, on se souvient de lui souvent pour le blâmer d’un manque de crédibilité d’une histoire et d'un personnage. Le scénariste a dos le large. Ceci dit, être scénariste demeure un métier exceptionnel, libre et créatif. Et également, sain dans son processus de laisser-aller son travail à d'autres, d'avoir confiance aux artisans et réalisateurs qui le transforment et le mettent en image.

    L'écriture d'un scénario appelle beaucoup de commentaires à toutes ses étapes du processus avant de passer à sa réalisation - croyez-vous qu'il soit possible de rester ouvert aux commentaires sans s'éloigner de sa propre vision ? Comment réagissez-vous quand on vous demande de sacrifier des choses auxquelles vous êtes particulièrement attachés (kill your darlings)?

    Pour écrire des scénarios, il faut s'ouvrir à l'autre et donc aux commentaires. J'écris souvent en mode collaboratif, avec un réalisateur. Je crois aussi qu'un bon producteur offre un regard pertinent et critique sur un scénario et qu'il doit aussi être entendu. La flexibilité, cette capacité de réinventer sa propre histoire est pour moi essentielle. Et un commentaire, une incompréhension d'un lecteur, éclaire toujours. Cela ne veut pas dire qu'elle soit juste. Mais elle révèle les points faibles d'une histoire, les manques d'écriture que parfois nous ne voyons plus. Je ne suis toutefois pas pour les solutions évidentes. D'un autre côté, il faut se rappeler durant le processus créatif les raisons qui nous ont amenées à écrire cette histoire. Il est facile de les perdre de vue et elles sont les vrais moteurs de l'écriture. Il ne faut donc pas avoir peur de se reposer ses questions plusieurs fois dans le processus d'écriture d'un scénario. 

  • Sonia Bonspille Boileau

    Pouvez-vous nous résumer brièvement votre film?

    Lydia, jeune femme innue, est victime d'un vol à main armée pendant qu'elle travaille au magasin général de son père, dans sa communauté.

    Sonia Bonspille Boileau
             CINÉMA
     
               Le dep
     
              TÉLÉVISION
     
               Last call indien
     
            

    Quelle situation ou personnage vous a donné le plus de fil à retordre durant l'écriture? 

    En fait, ce ne sont pas forcément les personnages eux-mêmes qui m’ont donné du fil à retordre, mais bien le rapport protagoniste/antagoniste. Je voulais absolument que le personnage principal reste Lydia, le personnage féminin, mais souvent, je me trouvais inconsciemment à donner trop de place au personnage de PA, l’antagoniste masculin.

    Qu'est-ce qui a été le plus formateur pour vous dans l'exercice de votre métier d'auteur? Les scripts-éditeurs, la littérature, la lecture de scénarios ou de livres sur la scénarisation?

    Les films!  Écouter des films. Et bien les ÉCOUTER. Remarquer les répliques qui « sonnent » sincères et celles qui « sonnent » trop formulées, ou forcées ou placées….   Et un super bon conseiller à la scénarisation, c’est pas mal efficace aussi.

    Avez-vous des « exercices »  « jeux » de créativité que vous faites à certains moments de l'écriture pour ouvrir des pistes ou régler certains problèmes?

    J’aime bien l’écriture automatique quand j’ai de la difficulté à formuler mes idées. Aussi j’aime bien simplement me fermer les yeux et imaginer la scène avant de l’écrire.

    Avez-vous le sentiment que la scénarisation est un métier méconnu des spectateurs? Des chroniqueurs? Des critiques?

    Oui. Les scénaristes n’ont définitivement pas le crédit qu’ils méritent.

    L'écriture d'un scénario appelle beaucoup de commentaires à toutes ses étapes du processus avant de passer à sa réalisation - croyez-vous qu'il soit possible de rester ouvert aux commentaires sans s'éloigner de sa propre vision ? Comment réagissez-vous quand on vous demande de sacrifier des choses auxquelles vous êtes particulièrement attachés (kill your darlings)?

    Je m’améliore ;) Souvent je suis blessée par les commentaires qu’on dit « constructifs », mais une fois que je décompresse et que je prends le temps d’y réfléchir, je me rends compte que les mêmes personnes ont souvent raison. Donc maintenant je n’écoute qu’eux. Haha.